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Révision de 8 janvier 2013 à 14:22 par Fleon (discussion | contributions)

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Contribution de Imagili - Sailing News TV

Olivier Champeaux


Au-delà de la question de la création d’un pôle image propre à une région ou un département, se pose la question de savoir où en sont aujourd’hui les moyens de diffusion de programmes.

Si la France est, comme souvent, en retard, les pays anglo-saxons ont bien pris la mesure du changement qui arrive.

Les possibilités qu’offrent aujourd’hui les réseaux type « internet » dépassent de loin le débat sur les moyens de distribution et diffusion de programmes, remettent en question les systèmes en place actuellement, les sociétés qui encadrent ces technologies, les moyens financiers pour réaliser des programmes, les moyens de contrôle de la diffusion, etc.

Il y a quelques années, la diffusion de programmes ne pouvait être faite que par des organismes ou sociétés importantes. La mise en place d’un réseau hertzien coûtait très cher et s’arrêtait aux frontières d’un pays. Les sociétés qui fournissaient des programmes devaient donc convaincre et diffuser via ses réseaux. D’abord dépendants uniquement de l’Etat puis, devenant privés, les grands groupes de télévision que nous connaissons encore aujourd’hui se sont développés, jouissant d’un «certain monopole ».


Dans cette géographie de la diffusion, l’Etat pouvait garder un contrôle et un rôle de régulateur. Il n’y a pas si longtemps, c’est encore l’Etat qui gérait les moyens de diffusion.


C’est l’Etat encore, via certains organismes, qui continue de financer en partie l’industrie du programme par des aides et autres subventions.

Apport d’aides (+/- 25% du prix) sur le financement d’un programme de fiction ou long métrage, aide à la distribution, système de protection sociale, sociétés de gestion collective des droits, aide à l’export de programmes etc, la «  batterie » de moyens de financements mise en place depuis 20 ans est impressionnante et est, jusqu'à aujourd’hui très bien utilisée par les sociétés «  majors » dans la réalisation de programmes.


Aujourd’hui, les technologies de l’Internet permettent de s’affranchir totalement de tout le système existant depuis plus de 45 ans. Dire que c’est une révolution n’est pas faux.

En face des sommes colossales nécessaires à la diffusion hertzienne (numérique terrestre comprise), diffuser et distribuer du programme par Internet est d’un coût très faible, voire nul.

Les réseaux type « Internet » permettent de s’affranchir totalement des schémas classiques de programmation qui, obligatoirement verticaux pour le hertzien (grille horaire) deviennent horizontaux par Internet (choix du programme et choix du moment de visionnage).

- Chacun peut devenir diffuseur.

- La qualité de réception est déjà celle de télévision dite «  classique (A noter que les Anglais «  émettent » déjà en HD sur internet).

- La notion de Web TV dépasse l’ordinateur et arrive sur les écrans de TV classiques grâce aux « set up box ». Il en existe des centaines de milliers en Angleterre, la première est en vente à la FNAC en France.

- La notion de chaîne disparaît, seule reste la notion de programme (ou de thématique).

- Les supports de réception (baladeurs – téléphones – ordinateurs – tv etc..) se multiplient et deviennent nomades.

- La grille horaire disparaît.

- Le « ciblage » du spectateur et de l’audience devient possible.

- Le transfert d’images (http /ftp) est de plus en plus rapide et permet de recevoir « dans la minute » des images venant du monde entier.

- Les systèmes permettant de « faire du direct » existent.

- Plus besoin d’enregistrer ou même de télécharger ; les programmes sont toujours disponibles 24 heures sur 24.

Le programme devient multi secteur et, au-delà du divertissement, de l’info et du sport, peut englober totalement tous les thèmes, dans toutes les langues.

Les frontières n’existent plus ; le contrôle territorial de la diffusion devient impossible, le programme obtenant automatiquement une diffusion internationale.

En France, nous avons tendance à «  bloquer » ou interdire, puis subir. Il est évident que l’avenir de la diffusion met à mal nombre de systèmes, de lobbys, d’organismes de toutes sortes qui vont depuis les sociétés de gestion collective droits en passant par celles de « régulation et de contrôle ». Même les systèmes et organismes de mesures sont mis à mal.

Cette «  révolution » pose également le problème du financement de tous ces programmes. Publicité, sponsoring, diffusion gratuite ou payante, etc.… il nous semble que tout est sur la table.

Encore un exemple : il n’y a pas si longtemps, une caméra valait 60 000 euros. Une régie nécessaire au montage deux cent ou trois cents mille euros. Aujourd’hui une caméra HD coûte quatre mille euros et un ordinateur plus puissant que les régies valent 3000 à 4000 euros.

Nul besoin de la notion de « chaîne » pour exister. Un bon programme peu devenir à lui tout seul un « canal » de diffusion.

Comme toujours, lorsque arrive un tel changement, il y a des débordements, des essais et des excès. Avec le temps, certaines initiatives deviendront pérennes, trouvant leur « cible », d’autres disparaîtront. La «  valeur » du programme correspondra au nombre de spectateurs qu’il captera.

100 000 visionnages pour un programme, 200 000 pour un autre, etc. ce sera l’addition de cette «  nouvelle audience » qui formera la force des nouvelles sociétés de diffusion dite«  de télévision ».

Il y a bien d’autres exemples qui montrent a quel point le fameux PAF est en voie de changement complet.